Le possesseur d’une poupée érotique de compagnie : un misogyne frustré ?
7 juil.

Le possesseur d’une poupée érotique de compagnie : un misogyne frustré ?

Le possesseur d’une poupée érotique de compagnie : un misogyne frustré ?

 

Voilà une question, voire une affirmation qui revient souvent chez les béotiens.

 

Évacuons rapidement cette question : oui, il y a des misogynes chez les possesseurs de love-dolls… et sans aucun doute des frustrés voire des pervers.

Je peux même affirmer qu’il y a des colériques, des calmes, des altruistes, des égoïstes et même des blonds, des bruns, des grands, des petits, etc….

Bref, vous l’avez compris, bien que représentant un marché de niche comme dirait les économistes, la communauté des propriétaires de love-dolls est suffisamment nombreuse pour être représentative de la société.

 

Cette question est donc vaine si ce n’est inutile.

 

D’accord, mais qu’en est-il de la proportion ? Y a-t-il une proportion plus grande d’obsédés ou de frustrés chez les Doll-Owners ou DO (anglicisme / acronyme habituellement utilisés pour désigner les possesseurs d’une Love-doll)

 

Que nenni.

Il me semble même que c’est tout le contraire. Je ne dis pas que ces personnes sont des parangons de vertus et d’équilibre psychologique, bien sûr que non, même s’il y en a. Mais dans une très grande proportion, les Doll-Owners ont une belle image de la femme, parfois (souvent?) idéalisée ou fantasmée.

 

Je vous renvois d’ailleurs au premier volet de ce thème qui commence à donner des éléments de compréhension en dénonçant l’impasse qu’il y a à considérer une love-doll comme une femme ou un substitut de femme. Cette confusion a cours également chez certains DO.

 

Revenons au sujet. Ce que j’ai pu observer est que le profil psychologique des DO est extrêmement varié. Il serait impossible de les décrire dans leurs diversités. Quant à l’âge, il semble aller d’une vingtaine d’années à une soixantaine voire plus avec une répartition un peu plus importante chez les propriétaires « mûrs ». Le prix d’achat étant un critère non négligeable et déterminant.

 

Parmi eux, il y a bien entendu des DO misogynes. C’est une évidence.

J’ai pu constater qu’ils le sont pour différentes raisons, variées mais exactement identiques à ce que j’ai personnellement observé dans la société : par ignorance/méconnaissance des femmes, par frustration aussi, par besoin d’affirmer sa virilité, suite à une mauvaise expérience avec les femmes ou encore par hiérarchisation des genres.

Et oui, il est aussi nécessaire d’aborder, tranquillement, de ça si l’on veut déminer le terrain.

 

Dans le milieu de la classe moyenne supérieure ou populaire que je fréquente, je dirais que je suis confronté à beaucoup plus de propos sexistes que dans le milieu des DO (propos sexistes qui existent néanmoins, je le répète).

 

Il faut savoir que celui qui acquiert une poupée de compagnie dans le but de la culbuter nuit et jour connaîtra quelques déconvenues.

En effet, la poupée nécessite beaucoup d’attention et de soin, on ne peut pas s’en servir sexuellement puis la laisser comme ça en l’état, avant de recommencer le lendemain ou la semaine suivante. La poupée s’en trouverait rapidement détériorée. Le TPE est fragile, l’extérieur et bien sûr l’intérieur de la poupée doit être lavée, entretenue. Il faut donc consacrer temps et énergie à l’entretien de sa love-doll.

Un obsédé sexuel se procurant une poupée dans ce but, la revendra rapidement, croyez-moi.

 

Le possesseur d’une real-love-doll, qui continue l’expérience le fait car cet aspect de soin non seulement ne le dérange pas mais il en trouve du plaisir. Laver, transporter, coiffer, doucher, habiller, déshabiller, peigner, « soigner » (le TPE est fragile, bis) sont des activités pour lesquelles il va prendre du plaisir tout autant que que des activités érotiques.

Ces activités sont nécessaires et il se trouve qu’elles sont également gratifiantes.

Gratifiant, car ces activités transporte le colocataire de la poupée dans le fameux domaine du care. Le soin ; prendre soin d’autrui.

C’est un des facteurs humains qui nous font rester humains.

Ce soin, on le trouve autant pour nos congénères que pour des chats, des poissons rouges, des plantes, un potager, son lieu de vie ou des objets… comme la poupée réaliste ; qui a l’autre avantage de représenter très fidèlement un humain.

 

Il est valorisant de s’occuper des autres (familles, amis, enfants), il est valorisant de s’occuper d’animaux domestiques, de faire pousser des plantes, il est enrichissant de prendre soin d’objets auxquels nous sommes affectivement attachés, il est gratifiant de s’occuper de son lieu de vie (nettoyage, amélioration).

 

Bref, les sociopathes ou déséquilibrés abandonneront ou revendront leur poupée grandeur nature quand les personnes bienveillantes joueront le jeu par plaisir et gratifications personnelles… et deviendront des Doll-Owners.

 

L’obsédé sexuel achetant une poupée pour assouvir sa libido déséquilibré sera donc forcément déçu ?

Pas tout à fait.

Pour le sexe, oui, il le sera car il ne pourra le pratiquer de façon frénétique comme il l’imaginait. Il ne pourra pas non plus affirmer sa volonté de domination que certains recherchent dans le rapport à  la femme. Car la poupée ne lui renverra rien dans ce sens. Absolument rien. Sauf ses 40 kilos de silicone qu’il aura bien du mal à manipuler pour assouvir sa perversion.

En revanche, s’il n’abandonne pas sa poupée sexuelle, il découvrira sans doute les bienfaits du soin et du temps consacré de façon bienveillante à un objet qui a tout de l’ouvre d’art.

 

Une poupée ne satisfait pas les obsédés, elle ne crée pas des perversions non plus, ni ne les assouvit, mais elle permet d’améliorer l’humain en lui faisant découvrir une dimension importante des activités humaines : le soin.

 

Toute la propagande anti love-dolls qui montre leurs propriétaires comme des violeurs en série potentiels, procède de l’ignorance et de la peur. Ce qui ne signifie pas qu’il ne faut pas se pencher sur cette question mais pas telle que communément posée (et caricaturée en début d’article), car elle ne permet pas de penser sereinement la chose. Ceci sera traité prochainement.

 

Pour terminer, on entend souvent que la poupée sexuelle pourrait isoler leurs propriétaires de toute vie sociale ou en tout cas des femmes.

Il se passe exactement l’inverse.

Par l’épanouissement qu’elle permet (psychologique, sexuel, care) elle crée pour les plus timides un équilibre pour son propriétaire quand elle le consolide pour les autres.

Ainsi le possesseur d’une real love doll sera plus ouverts aux autres… incluant les femmes.

 

Ceci fera l’objet d’un article approfondi : « Les bienfaits des poupées réaliste grandeur nature »

 

Estivalement,

Jonathan H.